samedi 19 avril 2014

Peter Delaney

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The Godfather.

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vendredi 18 avril 2014

Ecoute

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Il y a une voix qui n'utilise pas les mots. 
Ecoute !

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Frederick Van Heerden

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Running for Life.




La plupart des photos publiées dans les jours qui viennent sont des finalistes du concours organisé par le Smithsonian Magazine. En espérant que la beauté de ces photos vous nourrira comme elle me nourrit. 

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jeudi 17 avril 2014

Jacques Goorma et Douglas Harding

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Merci à Catherine de m'avoir introduit à la poésie initiatrice de Jacques Goorma. Très touchant de retrouver  dans ses poèmes la même évidence, quelquefois avec les mêmes mots, que celle qu'enseignait Douglas.

  À la page 7 de son recueil intitulé "Le séjour" Jacques Goorma "cite" Sherlock Holmes :
 "Je ne vois rien de plus que ce que vous voyez, mais je me suis entraîné à le remarquer". 
Douglas affectionnait cette citation. 


Voici trois autres textes extrait "du séjour".

"Le sans visage est dans chaque visage. Il n'est pas un mot, mais le silence de tous les mots. Et pourtant, s'il est le ciel, il est aussi l'oiseau et quelque chose d'irrésistible nous ramène à sa beauté."  page 34

"Ce n'est pas à travers les trous oculaires que je vois. C'est à travers un oeil qui est derrière et au-dessus. Un oeil qui est chez moi et fait comme chez lui. Comme chez toi. C'est un regard impersonnel. Ce qu'il voit au dehors, est personnel. Ce qui est dehors, apparaît et disparaît. Mais cet oeil qui voit tout n'est jamais apparu, c'est simplement une ouverture qui laisse sa place au monde."  page 61

"Je vais aller où je ne suis jamais allé, là d'où je ne suis jamais parti. Revenir au séjour que je n'ai jamais quitté. Ce lieu abstrait, comparable au ciel immense, vide, lumineux, sans limite ni contour. Il n'est que de se retourner vers lui, vers ce que fondamentalement nous sommes. Retourner le regard vers sa source. Plonger dans la fontaine obscure d'où surgit le regard. Devenir ce qu'il n'a jamais cessé d'être. Une lampe allumée dans la nuit des tempes. Car le ciel n'est rien d'autres qu'un regard."  page 69




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Lover man...etc

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Connaissez-vous cette maison de disque ? Putumayo propose des compilations superbes.
Merci à mes soeurs Marilyne et Marie-Paule qui me l'ont fait connaître.
J'aime particulièrement le troisième extrait, Madeleine Peyroux à la voix envoûtante qui chante : Dance Me to the End of Love



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mercredi 16 avril 2014

Conversion

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Si 
dans ta tête
 tu te retournes
 face au sans face
 tu vois 
Dieu 

Il t'efface

 Rien d'autre



Jacques Goorma
Le Vol du Loriot 
p57
Ed Arfuyen


Permis pas permis


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Quelle énergie...



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KOT
(Karl on Tweeter)


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mardi 15 avril 2014

La minute sacrée : Martin Luther King

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Une exposition à ne pas manquer..

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Pour ceux qui habitent Paris et la région parisienne...





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lundi 14 avril 2014

Seul au milieu de tous




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D’après la sociologue américaine Sherry Turkle*, les médias dit « sociaux » sont en fait des moyens d’être seul tout en étant connecté à beaucoup de monde. Un jeune homme de 16 ans qui fonctionne principalement par l’intermédiaire de « textos » remarquait avec un certain regret : « Un jour, un jour, mais sûrement pas maintenant, j’aimerais apprendre comment avoir une conversation. » Les jeunes sont passés de la conversation à la connexion. Lorsque vous avez 3000 « amis » sur Facebook, vous ne pouvez évidemment avoir de véritable conversation. Vous ne faites que vous connecter pour parler de vous-mêmes à un auditoire garanti. Les conversations électroniques sont lapidaires, rapides et parfois brutales. Les conversations humaines, face à face, sont de nature différente : elles évoluent plus lentement, sont pleines de nuances et nous apprennent la patience. Dans la conversation, nous sommes appelés à voir les choses d'un autre point de vue, une condition nécessaire à l’empathie et l’altruisme.

Beaucoup de gens sont aujourd’hui prêts à parler à des machines qui semblent se soucier d’eux. Les chercheurs sont en train d'inventer des robots sociaux, conçus pour être des compagnons pour les personnes âgées et les enfants. Sherry Turkle raconte avoir vu une personne âgée se confier à un robot de bébé phoque et lui parler de la perte de son enfant. Le robot semblait la regarder dans les yeux et suivre la conversation. La femme s’en disait réconfortée. L’individualisme conduirait-il ainsi à un appauvrissement des relations humaines et à une solitude telle que l’on ne puisse plus trouver de compassion que chez un robot ? Nous semblons de plus en plus attirés par les technologies qui fournissent l'illusion de la compagnie sans les exigences des relations humaines. Nous risquons ainsi de n’avoir de sympathie que pour nous-mêmes et de gérer les joies et les peines de l’existence dans la bulle de l’égocentricité.

Les gens disent souvent : « personne ne m’écoute ». Facebook et Twitter leur offrent maintenant des auditeurs automatiques. De fait, il a été montré que les médias sociaux sont principalement des moyens de se promouvoir soi-même.

Curieusement, l’expansion de ces pseudo relations humaines va de pair avec une crainte de la solitude. Les gens ont maintenant peur d’être seuls avec eux-mêmes. Abandonnés à eux-mêmes, ils éprouvent le besoin de se connecter. D’après Turkle, ils sont maintenant passés du stade « je ressens quelque chose, je vais le partager en envoyant un message » à l’impulsion « je veux ressentir quelque chose ; j'ai besoin d'envoyer un texto ».

N'ayant pas la capacité d’être seuls avec nous-mêmes, nous nous tournons vers d'autres personnes, non pas pour établir une relation altruiste et nous intéresser à ce qu’elles sont et à leur situation, mais pour les utiliser comme des pièces de rechange pour soutenir nos personnalités de plus en plus fragiles. Nous pensons qu’être constamment « en contact » nous fera sentir moins seuls. C’est l'inverse qui est vrai. Si nous sommes incapables d'être seuls, nous sommes beaucoup plus susceptibles de souffrir de la solitude. Une enquête a révélé qu’un américain ordinaire ressentait un profond sentiment de solitude une fois par quinzaine en moyenne. D’après Turkle, « Si nous n’apprenons pas à nos enfants à être seuls, ils ne sauront que souffrir de la solitude. »

Il faut aussi renouer l’habitude des conversations et en fournir l’opportunité, dans les lieux de travail et dans les familles. Ceux qui participent souvent à des conférences et à des réunions savent que c’est souvent durant les « pauses café » que les conversations et les interactions les plus fructueuses prennent place.

* Turkle, S. (2011). Alone Together: Why We Expect More from Technology and Less from Each Other. Basic Books?; Turkle, S., The flight from conversation, New York Times, April 24, 2012.


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La citation du lundi

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" On nous en parlait depuis plus d'une semaine. On nous avait averti du danger. Nous avions préparé des verres fumés. Enfin, vint le grand jour.

Nous sommes tous debout dans la cour de l'école à attendre l'événement. J'ai sept ans et nous allons voir la nuit en plein jour. La tête renversée vers les nues, nous attendons. Nous attendons l'éclipse totale de soleil.

En plongeant mon regard dans le ciel limpide, une pensée surgit. Une question que je ne m'étais jamais posée. "S'il y a un mur au fond du ciel, qu'y a-t-il derrière?" Sitôt cette idée formulée, quelque chose d'énorme se rue à l'intérieur de moi, m'envahit et m'entraîne dans son irrésistible torrent. Un gigantesque tourbillon me fait basculer et tomber dans le ciel. Dans le même mouvement, son immensité s'engouffre en moi.

La chute n'est pas de celles bien connues qui s'achèvent très vite sur un sol dur et laissent aux genoux des éraflures. Cette chute-là, je le sais aussitôt, n'a pas de fin. Elle semble même s'accélérer, amplifiant mon vertige de façon démesurée. Je glisse dans le ciel à une vitesse ahurissante en même temps que le ciel précipite son invasion. Des mots me brûlent : " Cela ne s'arrête jamais, le ciel n'a pas de fond, cela n'a pas de fin, pas de fin..."

J'étais bien loin de cette cour, que l'ombre et les exclamations commençaient à gagner, quand le vertige devint intenable d'exaltation et de terreur. Je n'étais plus qu'un point infime dans l'illimité qui déferlait sa vague immense à l'intérieur de mon corps. J'allais éclater sur place, disparaître dans l'infini. La suite?.... Il n'y en a plus. Quelque chose avait disparu dans cette ouverture.

Dans les jours qui suivirent, je fus incapable d'en parler. De raconter cette chute, cette incroyable découverte, cette déchirure. Cette blessure sacrée est invisible. Indicible. Dans mon entourage, j'en guettai la moindre trace, le moindre signe. Par la suite, je tentai même des allusions. Mais rien. Pas d'indice ni de réaction. Par la brèche, la lumière continuait de saigner. Dès que le silence s'établissait, je poursuivais ma plongée dans l'abîme, tentant d'apprivoiser son épouvante, de desserrer peu à peu son étreinte, pour pouvoir m'abandonner à sa grâce.

De cette chute date mon vol.


Jacques Goorma - Le vol du loriot - Arfuyen page 23

Nous vous reparlerons bientôt de cet auteur que nous venons de découvrir grâce à Catherine Harding.


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