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" Une superbe épopée, aussi vive qu'un torrent, aussi profonde qu'un océan" dit Leïla Slimani.Un des plus beaux romans de ces dernières années. Tout y est sous l'égide de l'eau, multiforme, cyclique, visible et invisible qui nous lie dans le temps et l'espace. La goutte d'eau, la première du déluge qui engloutira Ninive et la bibliothèque du roi assyrien Assurbanipal au septième siècle avant JC se retrouvera sous forme flocon de neige sur les lèvres d'un nouveau né au bord de la Tamise en 1840 et ainsi de suite...Un hommage à tout ce qui nous lie : l'eau, l'écriture, la mémoire des histoires.Un hommage à la diversité des civilisations, des peuples, à l'infinie diversité, à la complexité magique des formes et à l'unité souterraine de la vie.Un hommage à la résilience, des peuples face aux massacres - ici en particulier celle du peuple Yézidi - des civilisations face à l'oubli et des humains emportés dans des destins croisés dont ils ne voient qu'une infime facette.J'ai lu, une carte à la main, suivant les méandres de la Tamise et du Tigre, revisitant avec émotion le berceau de notre humanité, les ruines de Ninive ( Mossoul en Irak), les tablettes de l'Épopée de Gilgamesh, le récit du déluge et l'histoire des barrages engloutissant une partie des ruines de la Mésopotamie. On se sent à la fin de la lecture, enrichi, approfondi de toutes les strates d'humanité qui nous ont précédés, comme un objet très ancien et précieux, le regard élargi, loin des simplifications de l'actualité galopante, le coeur nourri et relié à tout ce qui semble lointain dans l'espace et le temps.
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