mardi 23 décembre 2014

Timbuktu


.

Tombouctou au Mali. Les islamistes prennent le pouvoir et imposent la charia. Par petites touches, au fil de la vie d'une vendeuse de poisson, d'une jeune fille mariée de force,  de musiciens et de chanteurs, de jeunes qui jouent au foot, d'une famille de Touareg, Abderrahmane Sissako montre l'enfermement terrible et insidieux de toute une population. C'est une oeuvre ancrée dans une terre, on  sent la chaleur écrasante du jour et la touffeur des nuits, on respire la poussière du désert, on entend  les langues qui se croisent - le bambara, le tamasheq, l'anglais, l'arabe et le français,  on voit la splendeur de la lumière au coucher du soleil. Elle vient nous rappeler que les premières victimes de l'islam fanatique ne sont pas les occidentaux mais les populations prises en otages, ici les maliens, toute une culture et la religion même de l'islam. Rien n'est édulcoré des arrestations arbitraires, des lapidations, des femmes mises sous voile. Les djihadistes ici ne sont pourtant pas des brutes, leur part d'humanité est évidente. Ils sont enfermés eux-aussi dans la projection du Djihad à l'extérieur. 
C'est  une oeuvre qui a la beauté, l'innocence, la cruauté et la portée universelle des contes.

2 commentaires:

Shiva Shakti a dit…

Bonjour à tous !
Je n' ai pas vu Timbuktu mais je viens de voir " Charlie's country ", qui raconte la vie d' un aborigène d' Australie confronté à la modernité occidentale. Magnifique ! Chaudement recommandé !

Corinne a dit…

Oui, c'est sur notre liste de films à aller voir...