vendredi 14 mars 2008

Les 50 ans de la Bossa-Nova

En 1958, un disque qui paraît à Rio remporte un immense succès. Intitulée Chega de saudade (Finie la nostalgie), la chanson est interprétée par un chanteur et guitariste bahianais, Joao Gilberto.(photo ci-contre)

 Le disque désoriente ou fâche quelques puristes, mais il impose surtout un genre musical inédit, la bossa-nova, dont le Brésil fête les cinquante ans d'existence. 

Dérivé de la samba, ce "nouveau truc" (en portugais) rompt avec elle. Les percussions s'effacent. Le tempo se ralentit. L'interprétation devient intimiste. Joao Gilberto chuchote d'une voix frêle, suave, mélancolique, reconnaissable entre mille. Il imprime à sa guitare un rythme original et syncopé, la batida, avec des accords dissonants.

 Avec Chega de saudade, Joao Gilberto fait connaître au Brésil, puis au monde, le travail du compositeur Antonio Carlos (dit Tom) Jobim (1927-1994), et du poète et diplomate Vinicius de Moraes (1913-1980). Ils créeront ensemble, pendant vingt-cinq ans, la grande majorité des standards de la bossa-nova. 

Ainsi dans la bande originale du film Orfeu negro, de Marcel Camus (1959), le célèbre A Felicidade ou, en 1962, A Garota de Ipanema, qui deviendra bientôt un succès mondial grâce à la voix d'Astrud Gilberto et au saxophone de Stan Getz. La bossa-nova intègre alors le patrimoine musical universel en réaction à la samba traditionnelle, mais aussi aux danses en vogue à l'époque cha-cha-cha, twist). Elle déteindra à son tour sur le jazz.

Un demi-siècle plus tard, elle reste un genre bien particulier, mais c'est aussi une musique typiquement carioca qui chante la splendeur de la ville, la beauté de la femme aimée, et tout un art de vivre. Il est donc normal que le plus bel hommage lui ait été rendu à Rio, samedi 1er mars. 

Sur la plage d'Ipanema, trente mille personnes ont écouté pendant deux heures une quinzaine d'artistes dont quelques anciens compagnons de Jobim et de Moraes, comme Oscar Castro Neves et Roberto Menescal.


Jean-Pierre Langellier
Article paru dans l'édition du 08.03.08 du Monde

5 commentaires:

gandha a dit…

j'adore cette chanson , que j'ai eu la joie d'accompagner aux percussions ( petits oeufs en guise de maracas !!!)à Hauteville , interprétée par Pascal !
j'aime tellement l'entendre chantée par joâo Gilberto , qu'elle passe en boucle quand je suis en voiture !
je vais bientôt la connaître par coeur !!!

Anonyme a dit…

2008 Année de commémorations, et ce n'est pas fini !

Christian, guitariste et prof.au Conservatoire d'Annecy vient de faire un voyage au Brésil,il en a rapporté des compositions magnifiques, dont celles de Gilberto.

Orfeu Negro !!!

gjm

Anonyme a dit…

Et la magnifique Marpessa Dawn !

gjm

Anonyme a dit…

Cet homme a participé à sa manière au déroulement du monde,
en créant.
Participation?
...Chouette vie.


dimitri

Anonyme a dit…

gosto muinto a musica popular do brasil tan bem.
La fameuse chanson "a garota de Ipanema" a pour la petite histoire vu le jour alors que Joao Gilberto et Vinicius Moraes prenaient un pot dans un bar d'Ipanema. Une créature brune de rêve est entrée et repartie...et la chanson est née.

Jmarc