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Refuser ce qui est, ou le « péché originel » selon Swâmi PrajnânpadEnfin les choses sérieuses ! Car lors de cette troisième conférence et après avoir explicité la notion « d’adhyâtma yoga », notre ami Yann a commencé à entrer dans le vif du sujet : l’approche spécifique de Swâmiji concernant la condition humaine dans son ensemble et le phénomène « émotion » en particulier.Avec un petit clin d’œil irrévérencieux à la tradition hindoue, puisque, au lieu de faire partir cet exposé des Upanishads, il fait état de l’influence inattendue que Darwin et sa fameuse théorie de l’évolution ont pu avoir sur Swâmi Prajnânpad. Cet élément, peu connu, donne manifestement un tour original à la vision que Swâmiji nous propose de notre « point de départ ».Les « grands singes » que nous sommes sont victimes du pouvoir d’abstraction (donc du pouvoir de refuser) que leur cerveau « évolué » leur permet. Nous sommes comme des adolescents à qui on aurait donné trop vite une totale liberté et qui, faute d’un cadre et d’un mode d’emploi adéquats, utilisaient celle-ci de façon irréfléchie au point d’en devenir les victimes. Et voici le mythe du péché originel revisité et rendu opératif : la sadhana revient à prendre le contrôle de cet extraordinaire pouvoir qui consiste à imaginer sans cesse d’autres possibles. Ce pouvoir de dire non en s’opposant à ce que le présent semble nous imposer est, pour Swâmiji au fondement de la nature humaine. C’est ce qui nous distingue positivement de l’animalité, mais c’est aussi, négativement, ce qui nous exile douloureusement de la plénitude du ici et maintenant !
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