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mardi 15 mai 2018

Le passage des cols


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Photo Catherine D (2017)
C'est un moment particulier dans un trek. Le nôtre lors du voyage de août-septembre 2017, celui du Sham, les Ladhakis l'appellent le baby-trek, certains groupes l'utilisent comme mise en jambe avant d'attaquer les choses sérieuses... Mais pour notre groupe de 11 femmes dont certaines étaient peu entraînées, ce n'était pas rien. D'autant que notre intention n'était pas l'exploit sportif mais la marche en silence, une façon d'être seules et ensemble dans l'effort et la contemplation des paysages de désert d'altitude du Ladakh. 



D'après une photo de Catherine D (2017)

Au début de la montée, nous sommes 13 individus – notre groupe et Motup, le guide, ainsi que Clément qui ferme la marche – chacun dans son monde de pensées et d'émotions liées à la perspective de la marche. Au fur et à mesure de la montée, chacun est amené à sortir de son monde : les sensations, l'effort, le cœur qui cogne, assourdissant, le souffle que l'on cherche à chaque pas, tout ramène à un ici et maintenant qui ne laisse pas de place au vagabondage des pensées. Ceux qui sont plus à l'aise se tournent naturellement vers les autres pour un encouragement, une pause bienvenue, un coup de pousse. On s'attend, on « sent » celle qui flanche dernière ou devant. Les moi sont encore séparés mais reliés par un champ énergétique invisible. Parfois, c'est un appel lancé : l'une d'entre nous a une crise panique de vertige. Impossible de faire demi tour. Les mains se tendent, celle de Motup devant, celle d'Elvie derrière et le bâton de Catherine qui fait une fine rambarde côté précipice. De moins en moins de mots. Il y a « juste ce pas ». Le col est parfois visible de loin, parfois, il surgit au détour d'un lacet.


Photo Marie-Jo DG (2017)
Le col où nous attend la trace de ceux qui sont passés avant nous, un cairn, deux piquets entre lesquels sont tendus des drapeaux de prière qui claquent dans le vent vif. Et l'Infini, l'infini des montagnes à perte de vue, l'infini du ciel en miroir à l'Infini intérieur. L'unité d'un groupe soudé par l'effort, en écho au UN.


Photo de Véronique Fabart ( 2015)  

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jeudi 3 mai 2018

Témoignage Ladakh 2017 / Marie-Jo

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Prendre de la hauteur, 3 semaines au Ladakh


Tant de jours , quelques 7/8 mois se sont écoulés depuis cette aventure ; tant de jours pour tenter de mettre en mots ce que j'ai vécu dans ce voyage, avec pour seule explication pour ce délai,, qu'il m'était impossible, voire inconcevable de seulement en faire une description en surface….

Pour retranscrire mes ressentis, les émotions traversées durant ces 3 semaines à plus de 3500m d'altitude, il fallait que je « redescende »….

Chaque pas posé sur cette terre, territoire indien certes, mais pourtant complètement à part...n'a rien eu d'anodin !
Avec chaque regard posé , s'est inscrit en moi, une émotion, une interrogation ou une prise de conscience parfois, en tout cas complètement touchée par tout , pour tout…..complètement vulnérable !
Est ce l'effet du « moins d'oxygène » ? je ne sais pas. Ce que je peux en dire, c'est que j'ai souvent eu l'impression de voyager sans ressentir mon corps.
J'ai le sentiment d'avoir été bien présente à toutes nos découvertes quotidiennes et pourtant avec des nuits agitées… sommeil gêné , effets secondaires multiples et variés dus à l'altitude,beaucoup moins entravant durant la journée (sauf les tous premiers jours). Mais des ressentis nouveaux au-delà de la frontière physique de mon corps : un espace immense , très fréquemment où que nous soyons…. Serait ce le « Un avec » ? Je peux l' affirmer en certains circonstances du voyage.J'ai vécu un véritable lâcher prise à bien des égards !




Comment ne pas être touchée par la confection d'un mandala éphémère, comme une école de patience, de méditation, de lâcher prise, de sens du beau et surtout du sacré ? Dans 2 monastères différents, Phyang et Rizong, 4 moines en silence créaient un mandala unique magnifique avec des sables colorés,avec une minutie incroyable pour une œuvre éphémère...dont nous ne verrons pas l'envol , hélas ! Nous assisterons à Phyang à un rituel qui marque la clôture de création, une véritable bénédiction….



Comment ne pas être émerveillée par le lac Pangong- immense lac de plus de 130km de long, frontalier avec la Chine ?

Site très attendu ,à plus de 4200m d'altitude, amené avec tellement de passion par Corinne ; et pourtant la réalité est encore plus incroyable !

Parcourir de très longs lacets qui se déroulent au fur et à mesure de la montée d'approche pendant 4 à 5 heures dans un monde lunaire, dépouillé…
Et….. le retour dans la même journée...9 heures de route(?) en Innova, au total pour découvrir ce joyau bleu, avec parfois l'impression d'être dans une « essoreuse » ?
Pourtant un peu abasourdie, mes yeux et mon coeur captent l'immensité et le silence ...des lieux.Peu de mots même entre nous,juste être...
Au détour d'un virage- un troupeau de yacks ou de chèvres avec leur bergère- des marmottes même à plus de 4200m.. et…….. une belle table de pique-nique que nos « accompagnateurs » ont dressé, nappe à carreaux bleu et blanc prête à accueillir le repas goûteux confectionnée par une équipe attentive.




Comment ne pas être interpellée à la vue d' un monastère perché- puis 2 -puis un autre encore…. tous aussi beaux les uns que les autres ?

N'avez vous jamais construit de château avec des cartes à jouer ? château fragile à la différence de ces bâtisses colorées , bien ancrées et soumises au vent des montagnes himalayennes.

Thiksay, Shey, Phyang, Alchi, Likir, Matho, Lamayuru, Rizong, Chemray……tous plus époustouflants les uns que les autres, de part leur situation géographique ou leur construction…, leur histoire ou l'atmosphère dont je peux encore en avoir le goût...
Le partage d'une méditation dans l'un ou même de petits déjeuners avec les vieux moines de Phyang, sont des instants gravés.Imaginez un thé au beurre salé.. un tsampa…..
Et comment encore, ne pas être touchée par ces 2 enfants moines au milieu de nulle part, sur une route qui n'a de nom que par la direction indiquée en son commencement ? Pour aller au monastère de Rizong, nous avons pris , en stop, ces deux jeunes garçons moines , casquette à l'américaine sur la tête ,je ne sais pas après combien de km à pieds … ce monastère étant réellement perché et très éloigné des villes !





Comment ne pas être sensible à l'accueil de la famille ladakhi de Dordje, l'un des guides d'agence de trek , accueil simple et immense de générosité ?

Très très émue par Motup, notre guide- un être exquis, joyeux , si bienveillant, originaire du Zanskar , dont l'histoire amène forcément un sentiment d’humilité et de respect …

« la vie est belle , n'est ce pas  ? » est sa devise.
Il est possible de voir son histoire dans le film « le fleuve gelé «  tourné par Olivier Fölmi, son père adoptif.
A chacun des cols passés dans le trek, , main dans la main, le groupe guidé par lui lançait un « KIKI SOSO LARGYELO »= une façon de remercier les Dieux….
Et quelques drapeaux de prières de plus à accrocher aux vents ….
Cet aperçu est mince à côté de la réalité de ce pays .Il reflète seulement une infime partie de l'aventure.Avec ses paysages à couper le souffle(du vécu!), et les rencontres ,il reste gravé au fond de mon coeur.
Je voudrais rendre hommage aussi à l'équipe franco ladakhi adaptable, gentille, serviable et attentive dans tous les aspects du trek.
Et tous mes remerciements à Corinne sans qui , cette aventure n'aurait pas vu le jour...et à qui je peux attribuer les mêmes qualités pour nous faciliter le voyage.


Photos de Marie-Jo Bernaille 
Vous pouvez les voir en taille originale en cliquant dessus.

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mardi 13 février 2018

Ladakh 2017 : témoignage de Ghislaine

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Le voyage au Ladakh d'août/septembre est loin déjà, et pourtant proche dans le coeur.
Voici un premier texte et quelques photos : merci  Ghislaine




Paysages magnifiques
Désert de roches
Oasis de fleurs et légumes
Sommets enneigés 
Lac paisible
Immensité...
Progression pas à pas
Marche après marche
Souffle après souffle

Je touche l'immensité 
   sans moi

Monastères perchés de toute beauté
Moines posés de toute bonté
Présence  bienveillante 
de toutes les participantes et de toute l'équipe de Terre du Ladakh
Ladakhis accueillants, directs, souriants

Et me voilà  plus posée, ouverte aux autres et au monde.

Merci Corinne





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jeudi 10 décembre 2015

Inde du Nord 2015 : témoignage de Florence

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La nonnerie de Tenzin Palmo
Dongyu Gatsal Ling
The Delightfull Garden of the Authentic Lineage

Oui ,c'est un jardin extraordinaire à la végétation luxuriante
Où tout n'est qu'ordre et beauté luxe calme et sérénité

A des milliers de kilomètres, étrangement ici
Je me sens chez moi
Le lieu est magnifique
Une vallée ouverte et protectrice
Au pied des Himalayas
L'architecture mélange harmonieusement tradition et modernité
Tradition pour le temple et les lieux sacrés
Aux murs et fenêtres colorées
Modernité pour les bâtiments des nonnes
De structure arrondie et enveloppante
Posés au creux de la vallée , épousant ses courbes
Comme une matrice en forme d'escargot
Redessinant ainsi un itinéraire vers le centre

Le temple est une merveille
En surabondance de beauté couleurs
Lumières sons et vibrations
Des murs au plafond tout l'espace est couvert
Peintures de déesses à profusion
Infinie richesse exubérance et délicatesse
Dans les moindres détails
Les rituels les pujas agissent à un niveau subtil
Dit Jetsunma
Alors simplement se laisser bouleverser métamorphoser
Dans la profondeur
Les nonnes sont là chaque jour
A la même heure année après année
Les chants la musique les tambourins les moudras les cloches
La dévotion la répétition la transformation
Le temple est lieu de vie et de partage pour la sangha
Thé et gâteaux y sont servis
Et aussi distribution de tissus de stylos crayons
La plupart des nonnes sont jeunes joyeuses curieuses déterminées
et profondément engagées
Les aînées s'occupent des plus petites comme dans une famille traditionnelle
De manière palpable règne ici une chaleureuse fraternité
L'emploi du temps est bien rempli
Combinant chaque jour rituels pujas enseignements débats toniques
Scolarité yoga et participation à la vie de la communauté
( à tour de rôle cuisine ménage jardinage entretien … )
Alternance de travail discipline détente et légèreté
Le tout sur fond de bienveillance
La récréation a aussi sa place
Quand le Dragon Café ouvre ses portes comme un vol de moineaux
Les nonnes accourent acheter sodas chips et autres friandises
Avant de se rassembler pour la puja du soir




Au cœur de tout cela
Cette extrême exigence du beau
Ce sens des choses justes
Cette valorisation des nonnes tibétaines
Cette grande organisation
Ce travail gigantesque
Il y a Jetsunma Tenzin Palmo
Une femme remarquable d'une immense simplicité
Un regard bleu lazer un sourire déconcertant
Un humour désarmant une  Loving-Kindness  à toute épreuve
Nonne bouddhiste à 20 ans , 12 ans dans une grotte
Des années de retraite puis des années de conférences
Autour du monde afin de collecter des fonds pour créer la nonnerie
Son objectif est de restaurer la lignée des Togdenmas ( Yoginis )
La transmission se fait oralement de maître à disciple
Il existe des enseignants capables de le faire
Au monastère voisin de Tashi Jong
Pour être aptes à recevoir ces enseignements
Il faut des nonnes ayant un certain niveau d'études
Et ayant effectué plusieurs retraites de 3 ans 3 mois 3 jours
Aujourd'hui 3 ou 4 nonnes remplissent ces conditions
Jetsunma répond à nos questions de manière concise efficace percutante
Mettant en avant la nécessité de pratiquer l'amour bienveillant
En priorité avec nous-mêmes ensuite avec nos proches
Avant de pouvoir élargir à chaque être sensible
Afin de faire grandir notre Loving-Kindness Tenzin Palmo
Nous conseille le training avec notre animal favori chien ou chat
Ou une personne que nous aimons particulièrement
Propositions simples et pratiques accompagnées d'un immense sourire
Venant de sa part et m'étant directement adressé
Sa réponse à ma question est inscrite en moi
Profondément

Ce lieu si lointain me ramène à la maison
Cet enseignement si différent me rapproche d'Arnaud
Car les mots viennent du même endroit
Du cœur du cœur et parlent à mon âme
Je suis reconnaissante à la VIE qui a permis ce voyage
Qui m'a montré de façon éblouissante
Combien nous sommes tous interconnectés
Je suis rentrée calme et détendue
Grâce à Jetsunma quelque chose a lâché
Là-bas au pied des Himalayas

En ces temps de violence des lieux comme la nonnerie de Tenzin Palmo
Sont des contrepoids puissants à la maladie du monde

OM MANI PADME HUM


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mardi 10 novembre 2015

Inde du Nord 2015 : témoignage de Michèle.

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Quelques semaines depuis la fin de notre voyage en Inde du Nord.
Arrivée dans la fournaise de Delhi, visite de la grande mosquée et d'un superbe temple Sikh. A la tombée du jour, la ferveur et la force des chants Qawali s'élève dans l'enceinte du tombeau d'un saint musulman.

Grondement du train de nuit pour Panthankot, bus, puis arrivée à la nonnerie de Dongyu Gatsal Ling, accueillis par le sourire radieux des nonnes. Nous sommes séduits par la beauté et l'harmonie du lieu, les brumes qui s'attardent le matin sur les contreforts de l'Himalaya, la gentillesse des nonnes. Je suis émue et touchée par la force des deux rituels journaliers, les rugissements des trompes tibétaines, le rythme des tambours, les cloches, toutes ces vibrations qui vident la tête et ouvrent le cœur.
Nous rencontrons Jetsunma Tenzin Palmo, qui répond longuement à nos questions. Je suis sûre que nous portons tous encore en nous l'intensité de son regard bleu. Je ressens clairement qu'à travers Jetsunma et ses réponses très concrètes, c'est Arnaud qui nous guide aujourd'hui sur le chemin.

Au monastère de Tashi Jong, nous rendons visite à la réincarnation du premier maître tibétain de Jetsunma, Khamtrul Rinpoché ; rencontre brève, presque immatérielle avec ce jeune homme aux lunettes fumées, porteur d'une paix indicible, qui glisse autour de notre cou l'écharpe blanche traditionnelle des Tibétains.
Contact avec la communauté tibétaine en exil à Dharamsala et Mc Leod Gang, puis Rishikesh où nous nous isolerons quelques heures auprès de Swami Atmananda dans son petit ashram paisible qui surplombe le Gange.

Fin du séjour à Sadhana Kendra Ashram, auprès de Shandra Swami Udasin, au bord de la Yamuna. Ici, tout s'organise autour des quatre méditations quotidiennes d'une heure. Ferveur des dévots indiens venus rencontrer le saint, se prosterner à ses pieds, contacter la joie qui émane de sa présence. Swamiji distribue à chacun prasad, sucreries..., et tout ce dont il a besoin pour sa propre transformation.

 Voyage exceptionnel. Puisse la grâce de toutes ces précieuses rencontres être une aide pour nous et tous nos frères et sœurs sur le chemin spirituel.

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lundi 23 février 2015

Inde du Nord 2014 : témoignage de Michèle

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Michèle m'a demandé si'l était trop tard pour son témoignage.
En fait il n'est jamais trop tard et ce qu'elle nous confie montre combien l'Inde nous travaille à son rythme, et en profondeur. Cela peut donc prendre du temps ...



En quittant l'Inde il m'est arrivé une chose étrange, l'exact contraire de ce que j'avais imaginé en y retournant pour la troisième fois: soudain je ne voulais plus entendre parler d'ashram, de sage en robe orange qui ne parle plus depuis des décennies, de dévots tout de blancs vêtus, de méditations avant l'aube dans une salle plongée dans l'obscurité, de chaleur qui ne disparaît pas même après plusieurs douches froides, de manger tous les repas assise par terre, de groupe de femmes et de tour de groupes, du chaos de Delhi...
Je voulais "rentrer dans mon monde" avec d'autant plus d'impatience que ce dernier était en plein bouleversement, je voulais vivre ce que j'avais à vivre chez moi.....Bien des  aventures plus tard ( et faut-il le dire,  après quelques déconvenues également), j'ouvre enfin le disque d'un des enseignements de Jetsunma Tenzin Palmo et avec la voix claire de celle-ci, me revient soudain  avec toutes ses sensations,  la mémoire affective du voyage de septembre dernier en Inde du Nord.
La rencontre la plus marquante pour moi a été celle de Tenzin Palmo: sa présence vive et pénétrante, sa vigueur,   son sens de l'humour,   sa vivacité intellectuelle ainsi que sa grande compassion, qualités qu'elles nous a généreusement offertes lors de l'entretien de plusieurs heures qu'elle nous a accordé. Qu'une telle femme existe, à ce niveau d'accomplissement spirituel, et soit dans le même temps si abordable, joyeuse, malicieuse et concernée par la façon dont nous nous mêlions aux  activités de la nonnerie  tient pour moi du miracle. Tout comme la nonnerie qu'elle a fait surgir de terre, un lieu magnifique, tout bruissant de la vie des petites filles et jeunes femmes qui y vivent, étudient et conduisent les  cérémonies avec une grande maîtrise. Well done ladies, pour paraphraser notre chère Jetsunma, mais c'est à elle que je pense, et à toutes les jeunes moniales aux si beaux sourires.
Le voyage a été riche en rencontres, avec nous mêmes d'abord, chacune confrontée à soi, entre nous ensuite où les moments de partage formels et informels ont été très émouvants, avec notre accompagnateur Sadat qui a déroulé pour nous le fil du labyrinthe d'Old Delhi, et bien sûr avec Chandra Swami. 
Si je ne voulais plus qu'on me parle de sage en robe orange en décollant de Delhi, je donnerais beaucoup  maintenant  pour réentendre la voix du disciple indien qui entamait les chants à la dernière méditation de la journée, pour réécouter les écoliers entonner les hymnes avant la classe à l'école de l'ashram, pour réentendre le rire de Chandra Swami et la voix douce de la jeune disciple canadienne, obligée par lui de traduire ses propos en hindi, à la grande joie des disciples indiens, pour réentendre Noëlle chanter les mantras, pour...pour...entendre toutes les voix (es) de Mother India. 
Merci à vous toutes d'avoir participé à ce voyage, merci à Corinne de nous avoir si bien guidées. JaÏ Guru !

mardi 25 novembre 2014

Inde du Nord 2014 : témoignage de Noëlle

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Et maintenant, la surprise du Chef !

Pour aller en Inde, il faut d'abord décoller du sol de France, là commence l'initiation. Je traverse dès les 1ers mètres une couche de turbulences (autrement dit sévère panique), puis le ciel devient clair. Il fallait supporter cela pour toucher une telle beauté, visible uniquement quand on est ici, à 10.000 mètres au-dessus de notre ordinaire sécurité. Le Chardonnay ressemble à un nectar des dieux après une si grande peur...
Nous sortons de l'aéroport : Delhi. Je suffoque, je crie au-secours à l'intérieur, et à l'extérieur déjà mon sourire s'efface de plus en plus. Les 1ers chocs : tant de monde, tant d'être humains vivent dans les rues, dorment, se lavent, survivent sur des trottoirs terreux parents de nos déchetteries, l'odeur âcre, une écrasante chaleur mouillée, sont mon 1er contact avec l'Inde tant désirée. Une misère que je vois, touche et sens. Cette misère que je verrai partout ensuite : dans le vieillard enroulé dans un tissu, couché à même le sol du quai de gare ; dans l'adolescente défigurée par le vitriol, peut-être, qui nous supplie quelques roupies ; dans l'imbroglio de commerces, d'habitations sans toit, de fils électriques entremêlés, de vaches, de chiens et de poulets.
Mes repères sont hors sujet, mon équilibre interne pulvérisé.
Contre mon ventre, une somme en roupies qui ferait vivre 1 famille, 2 qui sait?, pendant plusieurs mois, paradoxe difficile à gérer pour moi.
Mon coeur est brutalisé, je me sens brutalisée par tout ce que je vois. Pâte à modeler poreuse.
Mais la magnificence blanche du Palais Sikkh, mais la beauté mystique immobile de la grande Mosquée, mais cette petite fille aux yeux habillés de khôl qui me suit partout dans l'enceinte carrée, mais le Samâdhi de Gandhi agissent comme un baume, adoucissent ma brûlure.
Le contact avec le monde Tibétain sera de loin le plus agréable, le plus familier aussi.
Om mani padme hung....Om mani padme hung...Om mani padme hung...Les nonnes sont chaque matin au rendez-vous de 5h30 pour la 1ère puja. En dépit des signes apparents de fatigue, elles sont là, et elles atteignent l'unisson parfait en quelques minutes, et le tiennent. Quelle discipline, quelle beauté. Je me sens très bien parmi elles.
Norbulingka Institute, et ses élèves en sculpture du bois, du métal, engagés dans cet apprentissage très long. Je remarque plus particulièrement un peintre de tangka, l'immense toile qui lui demandera plusieurs années. Je m'accroupis et découvre la précision de sa main, posée sur le coussinet attaché au petit doigt, et le trait d'or naît, s'enroule, se délie et se prolonge, le souffle suspendu.
Quand la discipline s'unit ainsi avec le plaisir, elle devient belle comme une prière. Je serais bien restée …





De loin le plus doux, mais à quel prix.. On nous montre ce que le peuple subit depuis 50 ans ; devant les preuves j'ai juste envie de vomir. Quel courage tous ces gens...quelle noblesse, quelle fragilité et quelle force insondable, seules choses que les « autres » ne pourront pas tuer, même s'ils parviennent à détruire les corps physiques (quand ce n'est pas le tibétain lui-même qui le fait, en s'immolant, mû par la force de son désespoir).

Dans une séquence de Yoga, où tout est important, il y a 1 ou 2 postures « coeur » qui sont le coeur de la pratique. Mac Leod Ganj et Dongyu Gatsal Ling Nunnery sont pour moi les cœurs de cette pratique un peu ahurissante qui a duré 3 semaines. Vous savez ? Celle où le yogin s'assoit dans une essoreuse et appuie sur le bouton. Quand ai-je appuyé ? Je crois sur la passerelle d'accès au 1er avion, à Paris, à l'instant précis où j'ai failli reculer, où j'ai eu le choix. Mais au lieu d'être centrifuge, ici le mouvement est centripète. De plus en plus profond, de plus en plus...

Puis je découvre qu'au coeur de cet essorage la vitesse varie. Vécue je crois par un bon nombre des femmes du groupe comme un havre de paix, la semaine passée à Sadhana Kendra Ashram, me concernant, accélère le tambour. Assise sur le très confortable asana de sol, le noir complet absente instantanément la forme et le nom. He paramdev Prabhu...ki main âpko dekh sakûn, satya ko dekh sakûn. Donne-moi la force de voir et de vivre la vérité...
Douceur du japa. Dans le silence aimant de cette grande salle, la présence parfaitement immobile du Maître, mon coeur brûle en silence, il me fait voir la souffrance d'une vie entière des êtres que j'aime et aussi de ceux que j'aime moins. A la demande d'aide qu'intérieurement j'avais formulée, je reçois cette drôle de réponse : une forme inconnue de compassion. Quelle étonnante réponse, dans mon chaos...
Exigeante est la vie dans un ashram, déjà pour n'importe quel adulte, plus encore si on a 4 ans. Alors 4 fois par jour, multiplié par 6 jours, çà nous fait donc 24. Moins 2 ou 3... par amour pour moi !
Allez...un dernier tour de tambour plus vif, et les ultimes gouttes de pulpe disponible me sont extraites dans le quartier Musulman à Delhi, avec les chants Qawali.
Aéroport, deux décollages : la panique n'est simplement plus là. La personne paniquante manifestement n'est plus ici.
Retourner en Inde ? Serait peut-être une erreur, quoique... « Au début les montagnes sont des montagnes.../... » ainsi commence le proverbe. (Je suis sûre que Corinne et Alain trouveront la source exacte pour le blog) Comme depuis l'Inde les montagnes ne sont plus des montagnes, au fond qu'est-ce que j'en sais ?
Et maintenant que le Chef me demande « Alors Noëlle, as-tu aimé le Repas ? », je réponds OUI heureusement j'y étais. J'ai pas tout compris dans Ton menu, mais étant donné la détente et la force qui en ont émergé -et se stabilisent tous les jours – je sais qu'Il était bon et juste pour moi.
Je me souviens maintenant de la beauté.
MERCI.



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jeudi 13 novembre 2014

Inde du Nord 2014 : témoignage de Ghislaine


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Petites réflexions, un mois après mon retour... 
Le moment culminant de ce magnifique voyage entre femmes a été pour moi la rencontre avec Jetsunma Tenzin Palmo...
J'avais lu, il y a plusieurs années, le livre qui lui avait été consacré, "Un ermitage dans la neige", et je m'étais dit : " Quelle ténacité, quelle force."
Après avoir vu le film de Sabine ( Une femme remarquable"), je me suis dit : Quelle énergie, quelle volonté !"
Quand nous sommes arrivées à la nonnerie, elle était là, posée, ouverte. Elle nous a accueillies avec une grande simplicité, un grand sourire, un regard pétillant. "Quelle présence !"
Quand elle nous a lancé : "Well done Ladies !" après que nous ayons assisté à la puja de la pleine lune qui dure 4 heures, "Quel humour!"
Après l'entretien que nous avons eu avec elle, "Quelle grande dame, pleine d'amour, de sagesse et de compassion !"
Je retiens que le but de la vie c'est retrouver notre vraie nature, c'est aimer ! L'amour, c'est la joie !
Et commençons par nous-même. "Dirais-tu cela à ta meilleure amie ?" Phrase magique de Jetsunma.
La solidarité entre femmes est fondamentale et nous l'avons vécue pendant ce voyage. 
La vie est insécurité par définition, et ce n'est pas un problème si on est dans la fluidité d'accepter ce qui nous arrive en restant connectée avec notre corps et en observant nos pensées. "Let go" disait-elle.
 Tara a pris l'apparence de Corinne, Marie-Jo, Catherine, Colette, Rosine, Lorette, Jenny, Noëlle, Michèle, Ghislaine.
Grande gratitude. 



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mercredi 12 novembre 2014

Inde du Nord 2014 : témoignage de Marie-Jo

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Gratitude


Vendredi 27 septembre 2014, retour
L’avion s’élance et décolle, assise au fond de mon fauteuil, le nez au hublot, je vois l’Inde s’éloigner peu à peu.
C’est l’Inde toute entière qui défile devant mes yeux avec tout ce qu’elle contient et représente.
L’émotion s’amplifie, les larmes montent.
J’éprouve, tout à coup, une immense gratitude pour ce pays et tout ce qu’il est, tout ce qu’il m’a offert. Ces trois dernières semaines m’ont tant nourrie que je ressens mon cœur grand ouvert.

Je ressens à cet instant beaucoup d’Amour. Défile alors tout ce que j’ai vu, ressenti, partagé avec mes compagnes de voyage et vécu profondément dans les rencontres.

La joie profonde de connaître encore un peu plus ce pays et sa palette de couleurs, de sons, sa diversité humaine, au travers de lieux sacrés et en particulier, d’aller à la rencontre de maîtres vivants.
Pays du paradoxe, de la diversité et pourtant, j’y ressens une unité. Les enseignements que nous avons entendus vont tous dans la même direction, celle d’accueillir et d’accepter.
Et c’est aussi ce que l’expérience de ce séjour m’a demandé  à plusieurs reprises !!
Merci Arnaud de m’avoir mise sur ce chemin.



La joie profonde de la rencontre, attendue avec tant de fébrilité, de Tenzin Palmo..Pour rejoindre sa nonnerie, en train de nuit (épique !) puis taxi-minibus, je vivais chaque instant en conscience entre les plongées dans des courtes périodes de sommeil !
Dès son accueil dans la cour, plutôt inattendu, le regard bleu profond rempli d’amour, sa présence est aussi forte que dans le film « Une femme remarquable »ou le livre qui raconte son parcours. Elle porte en elle, dans ce regard pétillant tout ce qu’elle a vécu.
Il émane d’elle une force, une empathie, et une grande sérénité.
Je ressens très vite la dimension exceptionnelle de Jetsunma et la grandeur du cadeau que sa rencontre représente.
Le lieu magnifique et l’environnement dans les contreforts de l’Himalaya, les couleurs chaudes du temple, les marches dans les rizières offrent un cadre propice à la retraite J'y ressens beaucoup de douceur.
En arrivant,à l’intérieur de moi, quelque chose s’est « suspendu » !
Cette rencontre marque une empreinte indélébile sur mon chemin.
Ce que cette femme a parcouru et réalise aujourd’hui est exceptionnel. Elle est un modèle féminin vivant de ce qu’un chemin spirituel vécu dans la détermination et l’authenticité peut créer.
Sa mission d’amener ces jeunes filles Tibétaines, Bhoutanaises ou du Ladakh, vers ce qu’elles sont, me touche profondément en tant que femme et en tant qu’apprenti disciple.

Cette rencontre avec Jetsunma m’aide à voir ce qui, en moi, demande à être et à s’exprimer.
Gratitude vraiment.

Gratitude encore pour Chandra Swami.
Cette rencontre avec ce grand maître, a été beaucoup plus sereine que lors de mon premier séjour.
J’aborde l’expérience du rythme des méditations avec un certain goût de neuf. C’est une véritable plongée au cœur du silence et dans l’obscurité ; et curieusement après quelques jours, cela me rapproche de la lumière.
J’ai vécu cette semaine un peu comme « l’éloge de la lenteur ». Tout est ralenti et rythmé très rigoureusement au fil des journées. La présence silencieuse et joyeuse de Swamiji montre la direction et justifie à elle seule le questionnement de ma recherche spirituelle : Être.

Changement de rythme à Delhi
En écoutant, je dirais en « vivant » les chants Qawali, avant de clôturer un séjour déjà si riche,j'ai l'impression que ce n’est pas moi qui reçoit, entend, vibre…. Je me laisse porter et absorber. Nous sommes assises au sol, serrés les uns contre les autres, dans une chaleur très intense, avec de plus en plus de monde. J’ai eu l’impression, à un moment que j’avais décollé du sol. J’étais là et pas là. Plus de frontière physique...

Gratitude pour notre groupe bienveillant et solidaire. Avec beaucoup d’authenticité et de partage, il a été le levain de ce séjour. Quelle grandeur d’âme !!
Je garde au fond du cœur la lumière de chacune.

Gratitude pour Corinne, pour son organisation, sa bienveillance permanente et sa sensibilité qui a fait de ce séjour un nouveau grand pas sur mon chemin.
Elle nous a souvent répété que pour les Indiens, INCLURE était essentiel. A l’image de cette cérémonie spontanée de réfugiés tibétains à Mac LeodGanj, qui nous ont invitées dans leur rituel, Corinne nous inclut avec bonheur dans ses découvertes.
MERCI du fond du cœur.



Marie-Jo
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mardi 28 octobre 2014

Inde du Nord 2014 : témoignage de Catherine


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"Ce voyage fut féminin. C’était très agréable, apaisant. En tout cas je le ressens comme tel à chaque fois que je m’y reconnecte.

Le groupe est une donnée essentielle, il fut l’enveloppe, la matrice de ce voyage.
Nous avons beaucoup partagé entre nous. Notre compagnonnage fut riche joyeux, généreux. L’énergie circulait à plein régime. Nous étions solidaires, fortes, attentives les unes aux autres. Je l’ai ressenti ainsi.
L’équilibre relationnel entre nous m’a permis de faire une plongée intérieure plus facile et d’autant plus profonde. Je me suis personnellement retrouvée confrontée à une peur dont je n’avais jamais mesuré l’ampleur car jamais ressenti de cette manière.

En tant que femme il m’était nécessaire de rencontrer une femme de l’envergure de Jetsunma Tenzin Palmö. J’ai ressenti cela comme un booster sur le plan énergétique. Arnaud disait qu’il fallait rencontrer des maitres que leur fréquentation était nécessaire sur le chemin. J’en ai toujours été convaincue. Mais là il y avait une dimension supplémentaire. Tenzin Palmö est un modèle féminin et donc un modèle parfait pour une femme. Mon état intérieur a changé. Auprès d’elle j’étais toujours une femme vivant dans un monde d’hommes. Mais ma source d’inspiration pouvait être une femme.Et ça change tout. Elle est la preuve vivante que les femmes ont une place dans le monde spirituel. Je me suis sentie apaisée. Le monde n’a pas changé. Ma façon de m’y situer a changé de perspective.

La routine à l’ashram de Chandra Swami, le rythme des méditations bouleverse les repères intérieurs et extérieurs. Rien qu’une semaine et c’est déjà toute une expérience. C’est vrai que j’ai eu l’impression très vite d’être « au fond de la mine et de pousser les wagonnets ». C’est ce qui permet de se déconnecter de ses habitudes, fonctionnements, manière de penser. Une routine implacable contre une routine intérieure forte de dizaines d'années de fonctionnement.J’ai senti un moment de flottement physique et ensuite j’ai décroché de mon monde pour un temps.
L’atmosphère de l’ashram est un mélange de rigueur et de détente : rigueur dans l’emploi du temps et en même temps on n’est pas à dix minutes près, mélange de rigueur et de douceur dans les réponses faites aux questions, les rôles sont attribués mais tout à coup tout le monde parle en même temps. C’est vivant, chaotique parfois et puis tout rentre dans l’ordre.

Je n’ai pas fait un voyage en demi-teinte. C’est impossible en Inde. C’est pour ça que j’aime l’Inde. Quoi qu’il se passe pendant le voyage ce sera riche d’expériences. Je reviens toujours plus riche et plus légère d’Inde (même quand je suis rentrée de Tiruvanamalaï lestée d’un plâtre, ma spécialité il semblerait).

Avec toute ma gratitude pour Corinne,



Catherine D."

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