mercredi 7 janvier 2026
Matin
mardi 4 novembre 2025
Nous partons aujourd'hui...
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Nous partons aujourd'hui de Tozeur pour rejoindre le guide, les chameliers et la caravane de chameaux, quelque part du côté d' Ain Chott. Les montres et les téléphones portables sont au fond des sacs. Nous entrons dans le temps du désert et de la marche, un temps où il n'y a pas d'heures, juste un espace entre le lever et le coucher du soleil. La lune sera pleine le 5 novembre en milieu de journée ce qui signifie que la voie lactée ne sera visible que très tard dans la nuit. Parfois ceux qui viennent pour la première fois se demandent comment faire pour suivre le rythme commun de la caravane sans montre...et par exemple se réveiller à temps le matin si on ne dort pas sous la tente. Et bien cela exige un peu d'attention : écouter les bruits et la qualité du silence qui n'est pas la même au milieu de la nuit et au petit matin, observer la lumière, sentir l'odeur du feu qui dit que la journée commence, guetter les bruits même ténus de la préparation du premier thé. Cette attention portée à l'environnement entraîne une présence à soi-même et aux autres et se poursuit tout au long de la journée. Ce sont nos sens qui diront le moment du départ et celui de la pause. Progressivement c'est aussi notre corps que nous entendons mieux : l'estomac qui manifeste que c'est bientôt l'heure du repas, les muscles qui indiquent que le campement du soir n'est pas loin. C'est un apprentissage et ce que nous apprenons est bien plus que sentir, écouter, voir, c'est tout simplement être ici et maintenant.
mercredi 19 février 2025
L'expérience du dehors
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Le dernier séjour dans le désert est encore très présent. Le temps très doux nous a permis de dormir toutes les nuits dehors, veillés par la lune, pleine dès le troisième soir.
J'ai pu goûter l'expérience assez rare finalement de vivre dehors, sans toit ni murs, sans rien qui arrête le regard jusqu'à l'horizon... et dans le désert de dunes l'horizon est loin, à 360 degrés, il est une zone nette ou floue aux confins du sable et du ciel. Pas une limite, juste une escale du regard.
J'ai d'abord relié l'impression d'expansion à la joie d'être dans ces paysages vastes que j'aime tant. Mais la sensation de vastitude n'a fait que grandir et à l'évidence elle était liée à l'absence de murs et de toit, à l'absence de contenant. Nous vivons généralement le corps comme un contenant, "un petit sac de peau" dirait Douglas, et les murs de nos maisons sont comme une enveloppe un peu plus extérieure, le contenant suivant, comme dans les poupées russes. Et voilà, tout à coup, il n'y a plus de maison ou de tente pour envelopper le corps. Et je ne le vis pas comme une absence de protection mais comme une ouverture, une porosité au vent et à l'espace, une invitation à vivre vaste, une liberté nouvelle.
Les paysages de reg, plats et ouverts à l'infini des deux derniers jours ont été comme une apothéose.
Marcher le jour dans le rien, le corps délié par les efforts des jours précédents, le coeur simple, vêtus de vent et de lumière, immobiles et lancés vers une ligne incertaine entre un sol abstrait et le ciel en fuite. Dormir la nuit, sous la clarté sourde de la lune, couvés par son oeil sombre. Chaque réveil est un rappel silencieux de l'autre moitié du monde dont elle reflète la lumière. Elle s'éloigne, s'amenuise, écho du mouvement des planètes devenu perceptible : instinctivement mon oeil la retrouve.
Vivre dehors, c'est vivre hors limites et à sa juste place, dans la rotation de la terre, l'alternance du jour et de la nuit. C'est se souvenir enfin que nous sommes pris dans le mouvement du monde. Ni grands, ni petits dans le vaste univers. Simplement UN avec Lui.
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mercredi 13 novembre 2024
jeudi 24 octobre 2024
Le Hoggar en fleurs !
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Pour les amoureux du désert - du Hoggar en particulier -et les autres, cette surprenante photo du Hoggar que nous envoie notre ami Pierre dont la soeur habite Tamanrasset...Tezouiag ( les outardes) vues du plateau de l'Assekrem...en fleur !Ceci est le résultat des pluies abondantes d'août et septembre sur le Sahara.Et pour ceux qui ne connaissent pas le paysage, je n'ai pas pu trouver le même angle de vue, mais la photo suivante vous donnera une idée de ce à quoi il ressemble d'habitude.
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mercredi 17 juillet 2024
Au seuil de l'aube /Juliette Kempf/ Abd el Hâfid Benchouk
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" J'ai désiré connaître ce qui reste de moi quand je n'ai plus de rôle social à remplir, au sein de ma culture et de ma famille, de mon environnement habituel. J'ai désiré regarder ce qu'il se passe en moi lorsque mon action fait silence, se met en suspens, lorsque je n'ai pas à agir. J'ai désiré rencontrer l'être que je suis au delà, ou en deça, des déterminations qui m'ont vu naître, sous les couches qui font mon être historique, social, sous les caractéristiques de mon individualité. La profonde solitude est alors nécessaire; mais elle n'est pas sans crainte. Car je peux y rencontrer un grand vide, la sensation du néant. Je peux me cogner à toutes mes limites, aux aspects de moi-même qui grondent en dedans, s'agitent et me plaisent si peu.J'ai pu voir ce vide, voir ces limites mais j'ai rencontré aussi autre chose. J'ai perçu, au creux de mon silence, une autre présence. J'ai su, au creux de ma solitude, que je n'étais pas seul. Comme l'afflux du sang dans les veines qui ne nous quitte jamais et qui jamais ne stagne, j'ai rencontré une Présence continue, vivante, inlassable. Et sous l'apparence de la presque immobilité, intérieurement le mouvement a atteint sa plus grande plénitude. En quêtant le rien, le dénuement, j'ai trouvé le tout de mon être. La Présence divine a commencé peu à peu à se révéler à moi. Peu à peu cette dimension de mon être a commencé à s'éveiller. Le noyau lumineux a commencé à briller."
Au seuil de l'aube
Ed Le Relié p 14
jeudi 27 juin 2024
Agriculture dans le Sahara - L'Algérie vue du ciel / Yann Arthus-Bertrand
jeudi 6 juin 2024
mercredi 5 juin 2024
Sefar : le plus grand musée à ciel ouvert du monde en Algérie
jeudi 29 février 2024
Retour
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Il a plu cet hiver dans le désert en Tunisie et ce printemps, les genêts sont en fleurs... Lorsque l'on s'assied à l'ombre des buissons, ou même en marchant, le vent apporte l'odeur sucrée, légère, des centaines de petites fleurs blanches. C'est un ravissement, une volée de fraîcheur suave dans la chaleur de midi. Les dunes sont particulièrement douces dans la lumière de février. La chaleur sèche du soleil se superpose au fond frais de l'air, le sable est froid, les nuits venteuses.
Je suis rentrée dimanche remplie de vide et de lumière. Cette fois plus encore que les autres, comme une évidence : en arrivant ici, j'ai perdu le ciel et j'ai perdu le vide. Nos espaces sont clos, très encombrés...nos jardins sont pleins...
Le désert enseigne la beauté du vide, la nécessité du rien, l'immense sensation de liberté que procure ce vide, ce rien.
Le retour dans un espace très peuplé invite à se tourner vers l'intérieur pour retrouver le vide, le rien...
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jeudi 21 décembre 2023
Pour Karl ...et aussi Adrien, Simon, Mathilde, Guillaume, Valérie, Julie, Antoine, Joseph, Gabin, Martin, Léo, Elliott., Zoé, Basile, etc.
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Les fans de Star Wars auront reconnu les maisons de Tatooine...
J'ai bien pensé à eux, en particulier mes enfants et petits enfants lorsque j'ai visité la partie des décors du film qui se trouve près de Nefta. L'autre partie est dans la région de Tataouine qui a donné son nom à la planète de Star Wars.
Nous y sommes allées en fin d'après midi. Une piste superbe que bordent au loin des montagnes grimpe sur une dune d'où on aperçoit ... les décors ? Non, ce que l'on voit en premier, ce sont les bus, 4x4, chameaux, voitures, motos, quads...des touristes français, italiens et surtout tunisiens venus comme nous dans ce coin perdu de désert !
Les décors sont derrière, entre les étals de vendeurs de chèches, roses des sables, poupées, porte-clefs.
Passée la minute de surprise - voire déception - je me suis laissée tranquillement aller à l'insolite du lieu, au charme du mélange des genres et j'ai comme tout le monde déambulé, pris des photos... dans la lumière dorée des fins de journées dans le désert. Car le désert est là, aussi, derrière, non affecté par l'agitation des humains.
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mercredi 13 décembre 2023
Rencontre
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Souvent dans le désert, alors que nous croyons être au milieu de nulle part - et d'un certain point de vue c'est vrai - une rencontre vient nous rappeler que le désert est habité, ou plutôt parcouru, sillonné. Alors qu'il est pour nous une terre vierge, un espace inconnu, il est pour les bédouins un lieu de vie et de passage. Nos guides et chameliers connaissent chaque dune, chaque endroit a un nom. Medhani a eu cette comparaison très parlante :" Toi dans une ville, tu connais toutes les rues et les maisons. Moi ici, je connais les dunes."
Un après midi, nous avons vu arriver des chamelles, puis sont apparus le berger et son fils. On est en novembre, et comme chaque année, les femelles qui vivent en liberté le reste du temps sont rassemblées. Celles qui sont en âge d'avoir un petit ou qui n'en ont pas déjà un dont elles s'occupent - le jeune reste 2 ans avec sa mère - sont montées par les mâles en décembre ou janvier. Elles donnent naissance un an plus tard. Le berger connaît chacune de ses bêtes, il sait où elles se trouvent, parce qu'il vient les voir régulièrement et aussi parce que d'autres berger les ont croisées - et reconnues grâce au marquage sur le haut de leurs pattes.
Une rencontre dans le désert, c'est un événement. On se salue longuement, on prend le thé, on échange les nouvelles, on rit beaucoup. Mohamed me dit que le berger est du village, c'est un cousin à lui."Est-ce que ça t'arrive de rencontrer quelqu'un qui n'est pas un cousin à toi ?" Il rit. Visiblement non. Ici tous ceux que l'on rencontre sont du village de Sabria ou des villages environnants, El Faouar, Gidma, etc. Et dans ces villages, tous ont un lien de parenté, parfois assez éloigné, résumé par le mot de cousin.
Et puis un peu avant le coucher du soleil, nous avons vu le berger, son fils et son troupeau partir, avec légèreté et élégance, comme ils étaient venus...
mercredi 8 novembre 2023
Départ
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Aujourd'hui, nous sommes une dizaine d'humains - 7 femmes encadrées par un guide et deux chameliers- et quelques chameaux à partir vers les grandes dunes de l'erg oriental. Nous rejoignons la caravane à Jebil et pendant une dizaine de jours nous allons marcher dans des paysages somptueux, contempler les dunes dans la chaleur de midi et les étoiles dans le froid de la nuit.
Nous allons nous rappeler que nous sommes des humains fragiles et précieux, faits pour nous entraider. Nous allons sentir notre coeur, dilaté devant tant de beauté, relié à tout, même si nos corps sont quelque part au milieu de nulle part.
Le matin, nous allons nous hâter lentement dans le petit jour, vers le soleil qui se lève, chacun debout sur sa dune, comme des sentinelles, et le soir, nous verrons ce même soleil disparaître derrière le ligne pure de l'horizon avant de nous serrer autour du feu.
Nous allons manger les dattes fraîches - la récolte a commencé en octobre - des oranges, des chorbas relevées, du pain cuit sous le sable, trempé dans une huile d'olive verte et parfumée.
Nous allons lire le sable à nos pieds qui garde la trace du passage des humains et des animaux, escalader les dunes pour voir encore plus loin, suivre des yeux le vol des oiseaux.
Nous allons ramasser du bois, aider à bâter des chameaux, éplucher des patates, rire...
Nous allons sentir nos corps revenir à ce pour quoi ils sont faits : marcher tranquillement, être fourbus puis reposés. Nous allons aller à nos limites, juste assez pour être découragés, tenir bon et pour finir ressentir la joie du dépassement.
Nous allons nous enivrer de silence. Laisser peu à peu s'éteindre toutes ces pensées inutiles qui au début se précipitent dans nos cerveaux d'occidentaux saturés de mots. Et certainement, il y aura des moments simples mais si rares où nous serons, enfin, exactement où sont nos pieds !
Et à chaque heure du jour et de la nuit, le désert viendra comme un miroir nous renvoyer notre immensité intérieure commune, notre nature spacieuse, silencieuse, immobile et joyeuse.
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lundi 5 juin 2023
La citation du lundi
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"Il y a dans le monde de nombreux paysages plus beaux, mais aucun, je crois, ne peut façonner l'esprit humain de façon si souveraine. Dans sa rigueur et son austérité, le désert élimine de notre aspiration à comprendre la vie tous les subterfuges et toutes les multiples illusions par les quelles une nature plus généreuse peut prendre au piège l'esprit humain et l'amener à projeter sa propre imagerie autour de lui. Le désert qui est nu et propre, ignore tout compromis. Il balaye du coeur de l'homme toutes les aimables fantaisies qui pourraient servir d'atours aux désirs pris pour des réalités et ainsi lui confère la liberté de s'abandonner à un Absolu sans image ; le plus éloigné de ce qui est loin , mais aussi le plus proche de ce qui est près."
Muhammad Asad
in Petite anthologie du désert de Roselyne Chenu
Ed Cerf
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lundi 15 mai 2023
La citation du lundi
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lundi 1 mai 2023
la citation du lundi
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"On ne lutte pas contre le désert, on l'apprivoise. Ici, c'est la première chose que l'on apprend, tout jeune et même, pour ainsi dire dès la naissance : à apprivoiser l'infini."
Jacques Lacarrière
Sourates
Ed Fayard p 82
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