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"Awake! The time is running out. Remember the Divine. Realize the Truth before life passes into death." Chandra Swami Udasin
Ce texte est écrit à partir des notes de préparation d'une retraite...
"Activement passif/Passivement actif" font partie de notions sur la voie que nous ne pouvons d'abord appréhender que de manière intellectuelle. Nous sentons bien que ce double paradoxe pointe vers une expérience et que cette expérience est radicalement différente de notre façon de nous situer habituellement. La pensée ordinaire oppose actif et passif : on est soit l'un soit l'autre et le cerveau s'embrouille à vouloir penser les deux en même temps !
C'est un des axes d'une retraite de méditation que de résoudre le koan "activement passif" parce que la méditation en elle-même propose l'expérience d'une passivité active. Certes, dans l'Adhyatma Yoga la méditation n'est pas, comme dans le bouddhisme par exemple, une pratique majeure. Elle est cependant, en particulier lors d'une retraite, la voie royale de l'assimilation de l'enseignement, la pratique en terrain favorable - "en piscine"- Elle permet de voir avec clarté ce qui constitue "mon monde", de faire le point sur ce que nous avons intégré de la pratique de l'acceptation de ce qui est déjà là et est aussi un entraînement à cette pratique.
"Mon monde" se révèle comme une évidence dans l'immobilité et le silence de la méditation. qu'est-ce qui m'agite et me préoccupe ? Quel est le filtre qui s'interpose dans la manière dont je pense le monde au lieu de le voir ? Quelles affaires non terminées reviennent à mon esprit ? Quels regrets, quels désirs ? Déjà à ce niveau d'observation se trouve un savant dosage de passivité et d'activité : je ne réfléchis pas activement , je laisse venir, je vois ce qui émerge et le note.
Et par rapport à ce qui est observé, l'acceptation est une passivité active : pas de refus, pas de jugement, pas de découragement, pas d'emportement. Ne pas se détourner et ne pas suivre. Laisser passer. Ne rien faire...activement.
Cet entraînement, intensif quand il y a plusieurs heures de méditation par jour, nous amène à voir que le Oui est une posture, exactement comme la posture de méditation. Nous en faisons bien souvent une réponse. Une réponse en cas de "problème", en cas de refus caractérisé. C'est ce qui nous fait dire qu'une situation difficile nous fait "pratiquer". Erreur. La pratique est dans la posture activement passive du Oui à ce qui est ...quelle que soit la situation. Le Oui est une posture de vie. La pratique n'est pas une parade en cas de coup dur, c'est une détente de base, a priori.Une passivité active à laquelle la retraite et la méditation nous entrainent.
Enfin, il y a un autre niveau de compréhension de la formule "activement passif. L'entraînement à l'acceptation de notre agitation mentale et de nos fluctuations émotionnelles lors de la méditation nous amène à un niveau bien plus profond de nous-mêmes. Un niveau naturellement passif, non réactif, qui touche à l'immobilité du non manifesté. Ce niveau paisible et immobile est aussi absolument, merveilleusement vivant.
C'est de ce niveau que viennent l'acceptation vraie et plus tard, l'action juste.
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Comme chaque année en septembre nous retournons Alain et moi à La Source Bleue dans le Lot pour 5 jours de silence.La retraite s'articule autour de trois méditations silencieuses d'une heure et une méditation couchée dirigée. Un temps de lecture, un temps de seva, une temps de parole complètent la journée. L'accent est mis sur la détente et la simplicité. Il s'agit moins de comprendre que d'expérimenter : expérimenter le silence, l'accueil, la bienveillance envers soi-même. Car ce qui se présente dans les méditations c'est "moi" et la pratique de l'acceptation est essentiellement celle de l'acceptation de moi-même, ici et maintenant.Cesser de vouloir être autre chose que ce que nous sommes juste dans l'instant, ouvrir notre coeur à notre nature bien humaine avec ses limites est le seul chemin pour contacter notre vraie nature, spacieuse et paisible.
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"Pas d'espoir sans crainte,
pas de crainte sans espoir."
Spinoza
Cité par Emmanuel Desjardins dans Vivre
Ed Le Relié p 142
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Je ne résiste pas à poster un court extrait du livre d'Aziz Abu Sarah et Maoz Inon...
"La plupart des gens associent la paix à des colombes, des fleurs et des T-shirts bariolés. Faire la paix serait un travail réservé aux personnes calmes, les romantiques, ceux qui ont la chance d'être bien équilibrés, et guidés par une forme de spiritualité. On admire volontiers Martin Luther King et Mahatma Ghandi, on les érige en modèles : ils ont fait un rêve et ils ont triomphé. C'est oublier qu'ils l'ont payé de leur vie. J'ai travaillé dans des zones de conflit, moi aussi, j'ai conduit des négociations entre des partis ennemis, j'ai accompagné des gens à qui la guerre avait tout pris. Ceux qui font la paix ne voient pas le monde avec des lunettes roses. Ils regardent en face ce que l'humanité peut avoir de pire. Ils acceptent de souffrir, d'être méprisés ou humiliés, tout en trouvant en eux les ressources pour ne pas sombrer dans la noirceur."
La paix est notre avenir
Texte de Aziz Abu Sarah
Ed l'arbre qui marche p126
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Comme les deux hommes ont travaillé dans le tourisme, ils ont conçu leur livre comme un voyage commun sur les lieux importants de leurs vies.Chacun raconte ce qui, pour lui, est lié à ce lieu. Aucune question difficile n'est évitée. Il y est question de palestiniens visitant Yad Vashem le mémorial de l'holocauste et des ruines de Deir Yassin ce village palestinien dont la population a été massacrée le 9 avril 1948. Il y est question de la Shoah, des check point, de la Nakba, etc.C'est d'une clarté, d'une honnêteté et d'un courage impeccables !Au delà des deux auteurs, ce livre nous fait découvrir un monde d'activistes pacifistes réalistes, créatifs, engagés. Tous ont été touchés par la mort de membres de leur famille ou d'amis. Et tous malgré la colère ont choisi de ne pas perpétuer le cycle de la vengeance. Ils ont choisi la connaissance de ce que l'autre vit, de son histoire, ils ont choisi le dialogue et la vie.
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" Il n'est plus question de savoir ce qui me plait, ce qui ne me plait pas, ce dont j'ai envie, ce qui me fait peur, ce qui m'attire, ce qui me repousse, ce qui m'inquiète ou ce qui me rassure. Il est uniquement question de savoir ce qui doit être accompli dans une soumission consciente, heureuse, à l'ordre des choses."
Arnaud Desjardins
Adhyatma Yoga
Chap Mahakarta, Mahabhokta
Ed Pocket p 370
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