jeudi 29 août 2019

Dharma....

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Jacqueline Roumeguère-Eberhardt 
ici avec des guerriers Maasaï


Extrait de Quand le python se déroule de Jacqueline Roumeguère-Eberhardt.
Elle décrit ici ce qui se passe chez les Gukwe peuple du Kalahari ( Botswana) :

" La nourriture quotidienne était assurée plus souvent par les femmes que par les hommes. Mais un jour les hommes revinrent heureux, portant, les pattes attachées à un pieu, une belle antilope koudou aux grandes cornes torsadées, qu'ils avaient prise dans un piège. Les femmes se mirent à chanter en frappant des mains et un cercle se forma autour de l'animal que deux hommes se mirent à dépecer, tandis que les autres hommes partaient en file indienne vers la forêt. "Ils  partent détendre leurs pièges", me dit-on, lorsque j'interpellai mes voisins. La viande fut partagée selon des règles millénaires, et ce soir tout le monde festoya. Tout le monde sauf un homme, qui se tenait à l'écart, au centre d'un cercle tracé sur le sable, et qui chantait tout seul un hymne solennel. Le lendemain encore, tandis que chacun mangeait, il restait à l'écart, sans manger cette viande. "Il est le propriétaire du piège qui a attrapé l'antilope, m'expliqua-t-on, il demande pardon au Créateur d'avoir tué une de ses  créatures : "Tu vois bien que cela n'est pas par gourmandise que je l'ai prise dans mon piège, mais pour nourrir ma famille ; vois, moi je n'en mange pas." Tous les pièges sont détendus dès qu'un animal a été pris et ne seront reposés que lorsque la viande aura été épuisée. Raffinement suprême, celui qui aura attrapé le koudou ne reposera pas son piège pour ne pas risquer de tuer de nouveau - ainsi pourra-t-il aussi participer au prochain festin."
P 63-64

2 commentaires:

Sandrine a dit…

Voilà ce que j'appelle être civilisé : conscient, respectueux, humble...
Merci pour l'exemple! :-)

j-p gepetto a dit…

Cela mériterait d'être partagé dans nos écoles, c'est un trésor d'enseignement...
JP Gepetto