
"Awake! The time is running out. Remember the Divine. Realize the Truth before life passes into death." Chandra Swami Udasin


La vie est-elle une maladie incurable?
L'enfant naît en hurlant
et nous rions.
Le défunt sourit
et nous pleurons,
résistant au passage,
résistant sans cesse au passage
qui transforme la vie
en éternité.
Blake chantait des alléluias
sur son lit de mort.
Ma propre grand-mère
loin d'être poétesse,
a souri
d'un sourire que nous ne lui avions pas connu
à ce jour.
Peut-être l'habit de chair
n'est-il rien de plus qu'un vêtement familier
qui devient ample à mesure qu'on se nourrit
de la mort, et que nous nous en défaisons
ou le donnons au pauvre d'esprit
qui ignore encore
la bénédiction
d'aller nu ?
Erica Jong
A un moment donné, Don Juan suggère à Carlos Castaneda de mener sa vie à la façon d'un guerrier, de se servir d'Elle comme d'une opportunité de s'éveiller, au lieu d'entretenir un constant refus du mental à s'ouvrir au-delà de lui-même. Il lui dit:
" Aux yeux de l'homme ordinaire, tout ce qui lui arrive est soit une bénédiction, soit une calamité. Pour le guerrier, chaque situation est un défi."
"Cette « harmonie » interne grâce à laquelle nous vivons, pensons, agissons, jouissons, rêvons, dont profitons sans le savoir et dont nous avons rarement conscience, est là en permanence comme l’objet possible d’émerveillement ou de méditation.
Citons un simple exemple de ce prodige. Pendant que vous lisez ce texte, vous faites fonctionner votre néocortex pour comprendre et vous ressentez des émotions. Simultanément, vos poumons respirent toutes les treize secondes, permettant un échange répété d’O2 et de CO2, et votre sang circule dans toutes les parties de votre corps, y compris les plus éloignées de votre cœur. Votre foie régule le métabolisme des protéines et des lipides, et synthétise des enzymes qui permettront la fabrication des neuropeptides du cerveau limbique, lequel gardera ainsi une trace mémorisée de ce texte. Vos reins éliminent les déchets métaboliques, votre pancréas maintient en équilibre le taux de glucose dans votre sang, malgré une augmentation de la consommation énergétique de votre cerveau, qui rester très actif et vigilant. Er, pendant tout ce temps, vos organes digestifs s’occupent de votre dernier repas !
Ainsi, des millions de microévénements se produisent simultanément au sein d’une prodigieuse auto-organisation, le plus souvent silencieuse, discrète, qui n’a besoin ni de chef ni de maître. Cela marche tout seul, comme une horloge perfectionnée…. En avons-nous vraiment conscience ?"

« Après plus d’un demi-siècle de recherche et d’expérience, Dürckheim résume à la fin de sa vie sa position de manière suivante : « Si l’on me demandait aujourd’hui d’exprimer en une phrase le noyau de mon enseignement, je répondrais : la prise au sérieux de la double origine de l’homme, céleste et terrestre. L’Occident l’a oublié : en estimant que le céleste était du ressort exclusif de la foi, et que seul le terrestre pouvait faire l’objet d’expérience et de pratique, l’Occident a frustré l’homme dans son développement spirituel. Or, l’origine céleste de l’homme fait partie de son être essentiel. L’homme participe dans la profondeur de son être à l’Etre divin et peut en devenir conscient dans des expériences particulières. C’est l’expérience d’une réalité non conditionnée opposée à la réalité conditionnée du moi existentiel et de son monde. L’homme se trouve être un citoyen de deux mondes : celui de la réalité existentielle, bornée par l’espace et le temps, accessible à la raison et à ses pouvoirs, et celui de la réalité essentielle, qui est au-delà du temps et de l’espace, accessible seulement à notre conscience intérieure et inaccessible à nos pouvoirs. La destinée de l’homme est de devenir celui qui peu témoigner de la Réalité transcendante au sein même de l’existence… »
(Graf Dürckheim)
Etant entré dans le courant du dharma, le pratiquant examine régulièrement son propre coeur et contemple : voici la liberté déjà acquise et voici les chaînes et les imbroglios dont je dois encore me libérer.
Bouddha
Va de l'avant, allume tes bougies, fais brûler ton encens et tinter les cloches, appelle Dieu mais prends garde, Dieu va venir et Il va préparer Son enclume, allumer Sa forge et te battre et rebattre jusqu'à ce qu'Il transforme le cuivre en or pur.
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Avec son air d'éternel adolescent, Emmanuel Lopez avait conquis tous les défenseurs de l'environnement, notamment à Port-Cros où il aimait venir se ressourcer.
Ses proches le savaient depuis des semaines : à 61 ans, Emmanuel Lopez était condamné. Et cette sale maladie qui le rongeait depuis le printemps a fini par le faucher jeudi soir à l'hôpital de Rochefort où il s'est lentement éteint... six mois à peine après la disparition prématurée de son épouse Hélène, à l'âge de 49 ans.
Bien sûr, nos premières pensées vont aux deux enfants du couple désormais orphelins : Jean, l'aîné et sa soeur Marie, 13 ans tout juste. Bien maigre réconfort pour cette malheureuse fratrie : son indicible chagrin est déjà, et sera, partagé par les très nombreux amis, collègues, collaborateurs et relations de l'emblématique ancien directeur du Parc national de Port-Cros que ses compétences ont porté à la direction nationale du Conservatoire du littoral.
Vice-président du Parc national de Port-Cros, l'adjoint François Carrassan comptait parmi les intimes du défunt et c'est à ce titre qu'il souhaite aujourd'hui lui rendre l'hommage qui suit.
« Le petit miracle politique »
Son goût de la vie, même dans les derniers moments de sa fin si cruelle, n'aura jamais été pris en défaut. Son goût de la vie, sa passion d'entreprendre, son désir de mettre la beauté toujours au coeur des actions à venir. Et sa quête éperdue pour donner du sens à notre existence.
Directeur du Parc national de Port-Cros de 1994 à 2004, il ne s'y comporta jamais en bureaucrate de l'écologie, Et jamais le Parc n'eut une image plus positive ni un plus grand rayonnement ; et jamais la véritable richesse qu'il constituait pour Hyères et le Var ne fut mieux perçue.
Jamais il ne dissocia protection de la nature et activité humaine, et, tout en renforçant la réglementation, il signa des conventions fécondes avec les acteurs privés ou professionnels du site. Il conçut le principe de la rénovation des forts sur les îles et permit la création, à Porquerolles, du jardin et de la maison du Palmier : « quelques améliorations irréversibles », disait-il et dont il était fier.
Avec un air d'éternel jeune homme, mais un ferme caractère, il fut un négociateur habile et visionnaire. Son expérience se forgea en Corse où il fut, de1976 à 1993, le premier délégué régional du Conservatoire du littoral qui venait d'être créé.
Sa politique d'acquisitions y fut un modèle du genre pour soustraire définitivement le littoral à la spéculation et il la mena sans opposition ni des élus ni des nationalistes. Le journal Le Monde titra : Le petit miracle politique d'Emmanuel Lopez.
Directeur national du Conservatoire du littoral
Après Port-Cros, juste retour aux sources et bel accomplissement, il fut nommé Directeur national du Conservatoire du littoral. Avec l'objectif de changer le regard sur un littoral trop longtemps considéré comme la fin de la terre quand il est le commencement de la mer. Relier terre et mer, et ainsi faire du Conservatoire du littoral « un médiateur patrimonial de l'espace naturel, sur terre comme en mer. » Il nous aura appris à conjuguer nature et culture. À mesurer que l'espace n'est pas une marchandise, tout au long de son parcours devant une nature réinventée, un paysage restauré, des rives sauvegardées. Autant de signes en rupture avec la médiocrité qui banalise le monde et qu'il n'a cessé de combattre.
Et ainsi, sur les sites du Conservatoire, reste visible son parti pris esthétique fait de simplicité et d'élégance, en harmonie avec l'esprit des lieux, comme pour inviter à une vie meilleure.
Ces derniers temps, il employait souvent une expression où il laissait entendre tout un idéal : le grand large. Le grand large, comme pour redire cette aspiration à l'infini qui était au principe de sa vie.
Les obsèques d'Emmanuel Lopez seront célébrées le mercredi 16 septembre à 15 heures à Rochefort.
Var matin du 12 septembre
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